02
août

Retour à Nottingham

Nottingham Station

Je suis revenu à Nottingham pour la première fois depuis 3 ans, dans l’espoir de retrouver ce qui a fait de cette période pendant laquelle j’y ai vécu l’une des plus importantes de ma vie.

La ville n’a quasiment pas changé. J’étais plutôt satisfait de pouvoir me repérer dans ses rues avec autant de facilité que si je ne les avais jamais quittées. Quelques enseignes en sont devenues d’autres ici et là, et des travaux d’amélioration ont été faits à certains endroits… Mais dans l’ensemble, il s’agit bien de la même ville où j’ai passé cette merveilleuse année 2015-16.

Nottingham dispose d’une large population jeune et étudiante. On s’en rend particulièrement compte en cette période « post-graduation » où les rues sont bien moins animées et l’atmosphère peu festive.

Je me suis rendu en des lieux de la ville auxquels je rattachais des souvenirs particuliers, en pensant ranimer de cette façon des émotions que j’avais à l’époque ressenties. Les seules que j’ai réussi à tirer de cette expérience étaient la tristesse et la mélancolie. N’y ayant plus de raison d’être, ni de « chez-moi », Nottingham est redevenue une ville comme une autre, ou au mieux une ville remplie de souvenirs. 

En vérité, ma connexion avec elle n’était que superficielle et temporaire. Elle n’était pas du même ordre que « la ville où je suis né » ou « la ville où j’ai vécu la majeure partie de ma vie ». Il s’agissait plutôt à l’époque de la ville où j’ai été amené à vivre pendant une certaine durée.

Cela ne change rien à l’intensité des moments que j’y ai vécus, mais ceux-ci n’étaient pas que le fait de Nottingham. Les lieux n’étaient que des cadres dans lesquels se sont déroulés ma rencontre avec d’autres personnes.

Lien court http://q.gs/EvslG
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24
août

Jour 353/353

Benou in the train
Benou a fait ses adieux à Nottingham.

J’ai quitté Nottingham le 3 Août avec deux valises et un sac remplis de tout ce qu’il a été possible de ramener. Ma petite “aventure” au Royaume-Uni étant terminée, j’ai pris le chemin du retour à La Réunion.

MagikarpScribbling on the train

Mais avant de rentrer sous les tropiques, je profite de ce qu’il reste de ce mois pour visiter à nouveau des portions de France, cette fois sous le beau soleil d’été.

Eiffel Tower from le Champ de MarsTroyesMusée de Soissons

Ce seront aussi les derniers jours de cet avant-goût d’indépendance auquel j’ai eu droit pendant une dizaine de mois. Je rentre chez papa et maman, et je reprends ma vie et mes habitudes là où je les ai laissées.

The French countrysideView of Le Tarne at MontaubanLe Tarn
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08
août

“It’s About Time”

"It's About Time" Opening
La galerie de Rye Attic, le soir de notre vernissage.

It’s About Time, notre seconde et dernière exposition de l’année a eu lieu à Rye Attic, un espace qui a ouvert il y a quelques mois dans New Basford, à Nottingham. Il se situe un peu à l’écart du centre-ville, mais c’est un bel espace qui correspondait exactement à nos besoins.

Nous avons ouvert l’exposition le 18 Juillet et jusqu’au week-end, une période qui coïncidait avec la semaine des cérémonies de remise de diplôme. Nous étions aussi en “compétition” avec l’exposition finale des étudiants du Master de Photographie et celle des autres étudiants du Master d’Arts, qui étaient toutes les deux bien montées.

Nous n’avions pas reçu autant de visiteurs que nous espérions, mais je pense pouvoir dire que nous étions tous satisfaits de tout ce que nous avions accompli.

My work in the exhibitionA visitor

Bien que nous employons une variété de media différents, Zoé, Jilly, Emily et moi sommes connectés dans notre pratique artistique par notre relation au Temps. Nous partageons également un intérêt pour les problèmes sociaux et politiques qui transparaît dans les œuvres que nous avons présentées.

Ma partie était principalement centrée autour des notions de déplacement, de migration et de diaspora.


Untitled (yet) (ou Sans Titre (pour l’instant)) est une série de pages de l’un de mes carnets de notes qui contiennent de petits dessins et des marques similaires à celles qu’utilisent les prisonniers pour le décompte des jours. L’une de ces pages, toujours du même format, est une photographie de ma main, sur laquelle on retrouve le même type de marques.

J’ai débuté cette collection à Peak District avec le comptage d’escargots, de limaces noires, de limaces non-noires et de vers de terre que j’ai croisés au cours de mes promenades : “la population des champs”. Les comptes suivants consistaient à faire l’inventaire de mes activités les plus banales, comme le nombre de fois où j’utilisais le robinet bleu plutôt que le rouge, ou à quelle fréquence j’allais sur Facebook. Une page pour une journée.

Untitled YetOne page of the "Untitled (Yet)" series

Cette activité puérile se transforme en critique sociale lorsqu’elle permet de réaliser, par exemple, le nombre de caméras de surveillance qu’il est possible de trouver sur le chemin du retour chez soi, ou que seulement 22% des gastéropodes rencontrés possèdent une maison.


“Ich bin ein Tourist” est une installation constituée d’enveloppes disposées en cercle à l’intérieur d’un carré délimité par du ruban adhésif de signalisation jaune et noir. Chaque enveloppe représente un séjour dans une ville où mon point d’arrivée et mon point de départ correspondent à une même station de train. Le nom de la station en question et la ou les dates de la durée du séjour sont tamponnés. Un dessin à la ligne rouge matérialise mes déambulations dans la ville, débutant au centre pour s’achever au même point, formant ainsi une boucle.

"Ich bin ein Tourist" label"Ich bin ein Tourist" top viewEnveloppe

La référence à la célèbre phrase de Kennedy, “Ich bin ein Berliner”, confronte le discours du président prononcé en 1963 avec la réalité du monde près d’un demi-siècle plus tard; les citoyens du “Monde occidental” n’ont jamais été aussi libres comparés au “reste du monde”, et nous disposons peut-être d’assez de liberté pour parfois nous permettre d’en sacrifier une partie au profit d’une prétendue sécurité ou de promesses de financement du NHS.

Mais la “vraie” liberté (vraie, comme dans “vraie mayonnaise”) n’existe peut-être plus que sous la forme du tourisme, un privilège presque exclusivement réservé aux riches occidentaux. De l’autre côté de la barrière, des réfugiés sont pris entre leurs terres dévastées et des portes closes.

Pour la plupart d’entre eux, les stations de train, qui sont originellement des espaces de transition entre départs et arrivées, sont devenus des lieux d’incertitude.

"Réunion"

La Réunion est une impression sous cadre d’une carte de l’Angleterre sur laquelle est dessiné en rouge le contour de La Réunion. Le nord géographique et l’échelle sont uniformisés. Les endroits où je vis, à La Réunion et à Nottingham, sont superposés et créent un espace imaginaire où histoire personnelle, culture et mémoire se dissolvent.


Cette exposition faisait partie de notre évaluation, que nous avons tous passée avec succès. Je suis maintenant sur le chemin du retour à La Réunion, pour entamer ma seconde année de Master.

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